Le Sceau De La Commune De Ponthoile (Conservé Aux Archives Nationales) Ressemble Fort À Celui D’Abbeville : Il Représente Le Maire À Cheval Et Armé De Toutes Pièces : Sur Son Bouclier, On Voit Trois Croisettes Et Au Revers, Un Écu Aux Armes De Ponthieu Et Cette Légende, Sigillum Mayoris De Puntocles + Secretum Meum.)

Avers

 

Revers

Quelques dates:

1130-1145 : Ele, Comtesse de Ponthieu, accorde quelques franchises aux hommes de Ponthoile.
1201 : le 7 novembre, Guillaume, Comte de Ponthieu, accorde la Charte de Commune, qui confirme les franchises accordées une soixantaine d’années auparavant par son arrière-grand-mère, Ele de Ponthieu.
1347 : la Charte est confirmée par Catherine d’Artois, Comtesse d’Aumale.
1360 : par lettre donnée à Saint-Omer, le Roi Jean la confirme de nouveau.

Plaque commémorative apposée par la Municipalité en novembre 2001 à l’occasion du 8e centenaire de la Charte de Ponthoile sur le parvis de l’église.

Charte de Commune de Ponthoile par Guillaume, comte de Ponthieu – 7 novembre 1201

Ego Guillelmus, comes Pontivi, tam presentibus quam futuris notum facio quod Ela quondam comitissa Pontivi, propter injurias et molestias a potentibus terre suis hominibus de Pontoyles frequenter illatas, eisdem communiam concessisset, et super illa concessione predicti homines de Pontoyles scriptum autenticum non haberent, ad petitionem eorumdem hominum, et de assensu uxoris mee Aalaidis filie Ludovici, regis Francorum, et consilio hominum meorum, concessi eis communiam habendam et tanquam fidelibus meis contra omnes homines imperpetuum tenendam, secundum jura et consuetudines communie Abbatisville, salvo jure sancte Ecclesie, et nostro et heredum meorum et baronum meorum, et salva libertate ad usus et consuetudines quas prefati homines tempore antedicte Ele, comitisse Pontivi, habuerunt.
Statutum est itaque et sub religione sacramenti confirmatum quod …

[ suite empruntée à la Charte d’Abbeville ].

Sciendum est quod Landrico de Monchiaus, servienti meo, dedi et concessi majoratum de Pontoyles bona ride jure hereditario, ei videlicet et heredibus suis. Hoc autem ego Guillelmus, comes, et homines de Pontoyles sacramento confirmaverunt.
Item sciendum est quod Girardus Penciaux singulis annis viginti solidos reddere tenetur .
Nec silentio pretereundum est quod tantum tria auxilia idem homines de Pontoiles michi tenentur ex debito solvere, quindecim videlicet libras Pontivensis monete ad filium [meum militem faciendum], quindecim filie [mee] conjugande, [quindecim ad redemptionem meam de captione].
Singulis autem annis de firma quadraginta libras Pontivensis monete michi tenentur reddere, viginti libras in maio et viginti libras in festo beati Remigii et de unoquoque igne in festo Sancti Remigii unum sextarium avene.
Concessi etiam eisdem hominibus banleucam quietam et liberam habendam usque ad haiam de Boyaval, usque ad rivulum de Neuville, usque ad Vinderel et usque au quay qui est retro domum Gaufridi de Pommereul, usque in mari usque ad Montem comitisse, usque ad veterem ripariam Decani, ita quidem quod infra hos terminos nulla poterit rieri munitio.
Ad hec si forte inter me [et dictos burgenses meos querela emerserit que per hoc scriptum nequeat terminari], per communiam Abbatisville terminetur. Factum est hoc in publica, audientia cleri, baronum et burgensium, et apud Abbatisvillam confirmatum, septimo y dus novembris anno dominice Incarnationis millesimo ducentesimo primo. Testes sunt : Giroldus, abbas Foresti Monasterii ; Giroldus prior Sancti Petri Abbatisville ; Henricus de Romaigne ; Ingerrannus de Noyellette ; Ingerranus de Noyelle ; Bartholomeus de Pontoyles ; Matheus de Port; Ricardus de Favieres ; Johannes, capellanus comitisse ; Robertus de Laviers ; Robertus de Mayoc, presbyteri ; Alelmus de Morolio ; Symon de Donquerre ; Henricus de Nouvion, milites. Alardus anglicus, tunc major Abbatisville. Datum per manum Ingerranni capellani mei.

Moi, Guillaume, Comte de Ponthieu, fait savoir à tous, présents et futurs, que, comme mon aïeule, Ela, Comtesse de Ponthieu, informée des voies de fait et des chicanes que les puissants de sa terre infligeaient aux hommes de Ponthoile, leur avait vendu une commune, sans que les hommes de Ponthoile aient de cette vente un acte écrit authentique, de la demande desdits hommes, et du consentement de ma femme Alix, fille de Louis, Roi de France, et après avoir pris le conseil de mes hommes, je leur ai concédé, à eux mes fidèles, une commune qu’ils garderont à jamais contre quiconque, selon les droits et franchises de la commune d’Abbeville, sauf le droit de la Sainte Eglise, le mien et ceux de mes héritiers et de mes barons, et sauf les libertés des us et franchises accordées à ces hommes, en des temps anciens, par Ela, Comtesse de Ponthieu.
C ‘est pourquoi il est établi et confirmé sous la foi du serment que…

[suite empruntée à la Charte d’Abbeville, ci-après…]

… chacun donnera et gardera à son juré « foi, force, aide et conseil », selon que le droit l’aura prescrit.
Il est aussi établi que si quelqu’un est convaincu de vol, après la saisie par mon vicomte ou mes officiers de tous les biens du voleur, à l’exception des choses volées que celui qui les aura réclamées pourra prouver être siennes, les autres biens du voleur seront confisqués à mon profit. Le voleur sera d’abord jugé par les échevins et subira la peine du pilori, puis il sera livré à mon vicomte ou à mes officiers.

S’il s’élève un différend entre juré et juré, ou entre juré et non juré, à propos de biens meubles, que la plainte soit portée devant mon vicomte ou devant le seigneur de la vicomté dans laquelle l’intimé aura son domicile. Mon vicomte alors fera justice tant de lui, que de ses biens sis dans ma vicomté, sans toutefois pouvoir se saisir de la personne d’un juré; et qui sera condamné par sentence du vicomte ou de quelque seigneur, s’il ne veut satisfaire au jugement sera contraint par les échevins à exécuter ce qui a été jugé.
S’il s’élève un différend à propos d’immeuble, que la plainte soit portée devant le seigneur de qui l’immeuble relève, et la cause sera instruite à Abbeville; si l’affaire va jusqu’aux gages [de bataille] et au duel [judiciaire], elle doit être décidée en présence du vicomte du seigneur compétent.
Si un non juré vole le bien d’un juré et refuse d’exécuter une décision de justice, si l’on peut se saisir de lui ou de ses biens, on les gardera jusqu’à ce que la décision favorable au juré ait été exécutée.

Qui aura par colère frappé quelqu’un du poing ou de la paume, paiera vingt sous à la commune, à moins qu’il ne puisse, devant les échevins, donner raison [de son geste].
De même, si quelqu’un blesse autrui avec des armes, sa maison sera abattue par les échevins, il sera expulsé de la ville et n ‘y rentrera qu’après en avoir demandé l’autorisation aux échevins; l’autorisation ne lui sera donnée que s’il s’en remet à la merci des échevins en acceptant d’avoir éventuellement le poing coupé, ou se rachète en payant neuf livres. S’il n’a pas de maison, il doit avant d’entrer dans la ville en trouver une de cent sous que la commune abattra. Ce que le blessé aura dépensé pour guérir sa blessure lui sera intégralement remboursé par l’auteur des coups, et si la Pauvreté l’empêche de payer, il aura le poing coupé à moins que les échevins ne lui fassent merci.
Si un non juré blesse un juré ou un non juré et refuse de se soumettre au jugement des échevins, il sera expulsé de la ville et le délit puni par le jugement des échevins.
Celui qui aura injurié son juré, pourra être convaincu du fait par trois témoins, ou deux; la peine infligée par les échevins sera proportionnée à la quantité et à la qualité des injures.
Celui qui, à l’audience, aura dit du mal de la commune et pourra en être convaincu par trois témoins, devra réparer en se conformant au jugement des échevins.
De même, celui qui aura sciemment reçu chez lui un ennemi de la commune et eu des rapports avec lui, sera traité en ennemi de la commune et s’il ne se soumet pas au jugement des échevins, sa maison – comme celle de tout autre juré qui se sera soustrait au jugement des échevins – sera abattue.
Celui qui à l’audience, allant à l’encontre des échevins, aura dit quelque chose qui touche le profit de toute la ville, s’il le nie ensuite, pourra être convaincu par le témoignage de deux ou trois et s’il est convaincu, il devra réparer en se conformant au jugement des échevins.
De même, si quelqu’un dépose plainte contre un autre à un sujet quelconque, et que justice lui ait été offerte par le juge, s’il fait ensuite tort à son adversaire au mépris de l’autorité du juge, après avoir été convaincu du fait par les échevins, et sa réponse entendue, que les échevins décident de ce qu’il y a lieu de faire.
Si quelqu’un, en parole, m’offense ou offense quelqu’un revêtu ou non d’autorité, dans les limites de la ville ou de la banlieue, il pourra s’en justifier sans sortir de la ville et s’il ne peut ou ne veut le faire, il réparera en se conformant au jugement des échevins.

Si c’est un acte délictueux qu’il a commis envers moi, il réparera de même par le jugement des échevins, s’il a été convaincu du fait.
De même il a été établi que si quelqu’un se dit juré et que ce soit douteux, il pourra le prouver par témoins.
De même si quelque différend nouveau et sans jurisprudence antérieure surgit entre jurés, soit au dedans, soit au dehors, il sera tranché par jugement d’échevins et pour que ce jugement ne tombe pas dans l’oubli, il en sera dressé un acte authentique.

Il faut savoir aussi que quiconque aura accusé les échevins de fausseté de jugement, s’il ne peut les en convaincre dans les formes requises, sera tenu de payer à chacun neuf livres et une obole d’or.
Si quelqu’un tue son juré, par imprudence ou avec préméditation, et s’il est convaincu du fait, qu’on abatte sa maison et tout ce qui en dépend; et si les bourgeois peuvent trouver le malfaiteur, qu’ils en fassent pleine justice; s’il leur a échappé et’ qu’au bout d’un an il demande merci, il devra d’abord solliciter la merci des parents [du mort] ; et s’il ne peut l’obtenir, après avoir sollicité la merci des échevins, il pourra entrer dans la ville et y habiter librement et en paix ; et si par la suite ses ennemis se dressaient contre lui, les échevins feraient justice d’eux comme ils le feraient d’un meurtrier.

Il ne faut pas non plus passer sous silence que si quelqu’un, non juré ou juré, suscite ma colère ou celle de quelque puissant contre la ville, s’il en est convaincu ou ne peut s’en disculper, qu’il soit expulsé de la ville par le jugement des échevins; et si les hommes de la ville en ont subi quelque dommage, que la maison du juré coupable soit abattue, et il n’entrera pas dans la ville jusqu’à ce que les dommages causés par lui aient été réparés.
De même si quelqu’un a acheté ou pris en gage une terre ou des rentes, et les a tenues pendant an et jour, aux yeux des voisins, le plaignant qui l’aurait su ou aurait pu le savoir, sera débouté de sa plainte, à moins qu’il ne l’ait présentée en dedans an et jour .
S’il échoit à quelqu’un des jurés par droit de succession ou par mariage, un franc fief, il pourra conserver le fief lui-même ou la commune, sans préjudice du droit du seigneur et du service qui lui est dû.

Et si par achat, par prise de gage, par échange ou autrement, un fief échoit au juré, il ne pourra conserver la commune et le fief, si ce n’est de mon plein gré et de celui du seigneur du fief; et s’il voulait garder les deux, le seigneur pourrait retenir le fief, à moins que le juré lui-même ne donne le fief à quelqu’un ou ne le transmettre à un autre titre.
De plus il a été établi que si un contrat d’achat, de vente, d’échange, d’engagement ou un autre contrat a été passé en présence de deux ou trois échevins, la cause sera prouvée par leur témoignage, sauf le droit que je pourrai exercer à l’encontre de celui qui aura été convaincu [de mauvaise foi].
Il en sera de même, en l’absence des dits échevins, si l’on produit une charte publique et authentique remise par le maire et les échevins.

[fin de l’emprunt à la Charte d’Abbeville]

Il faut savoir que j’ai donné et concédé à Landris de Monchaux, mon serviteur, le titre de maire de Ponthoile, et le bon droit héréditaire de juré, à son usage et celui de ses héritiers. Ceci, entre moi, Guillaume, Comte, et les hommes de Ponthoile, étant confirmé sous le serment
Il faut également savoir que Gérard Penciaux me sera redevable de vingt sols une fois l’an.

Il ne faut pas non plus passer sous silence que les hommes de Ponthoile ne sont tenus de me payer que les trois aides accoutumées, à savoir quinze livres monnaie de Ponthieu pour armer mon fils chevalier, quinze livres pour le mariage de ma fille, et quinze livres pour mon rachat de captivité.
Une fois l’an, ils seront également tenus de me verser quarante livres monnaie de Ponthieu : vingt livres en mai et vingt livres à la fête de Sancti Remigii…
J ‘ai aussi concédé aux mêmes hommes, la jouissance paisible et libre de leur banlieue, jusqu’à la haie de Boyaval, jusqu’à la rivière de Neuville, jusqu’au Viderel, jusqu’au gué situé derrière la maison de Gaudefroy de Pommereul, de la mer jusqu’au Mont Comtesse, et jusqu’ à la rivière du Dien, de sorte qu’on ne puisse faire aucune fortification à l’intérieur de ces limites.
Si ces dispositions venaient à être contestées entre moi et les-dits hommes, sans que le présent acte permette de décider, la contestation sera tranchée par la commune d’Abbeville.
Fait en assemblée publique des clercs, des barons et des bourgeois, et confirmé à Abbeville, le sept des ides de Novembre de l’année Douze Cent Un de l’Incarnation du Seigneur.
Les témoins étant : Gérard, Abbé de Forest-Montiers ; Maître Gérard, Chanoine d’Abbeville : Henri de Romaine ; Enguerran de Nolette ; Enguerran de Noyelles ; Barthélémy de Ponthoile ; Mathieu de Port ; Richard de Favières ; Jean, Notaire du Comté ; Robert de Laviers ; Robert de Mayoc, Prêtre ; Aléaume de Morlay ; Simon de Dompierre ; Henri de Nouvion, Chevalier ; Alart l’Anglais, alors Maire d’Abbeville.
Donné par la main d’ Enguerran, mon notaire.

(Traduction Sommaire : M. Freddy BRUVIER)